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Africaine, L’ (Scribe / Meyerbeer)

Date

1865.4.28

Texte

Après avoir conquis le public de l’Opéra-Comique grâce à L’Étoile du Nord (1854) puis au Pardon de Ploërmel (1859), Meyerbeer livre avec L’Africaine un grand opéra très attendu, dont la composition s’est étendue sur plus de vingt-cinq ans. Entrepris par Meyerbeer dès 1837 sous le titre Vasco de Gama ou le Cap des tempêtes, l’ouvrage fut remanié de nombreuses fois et représenté pour la première fois sur la scène de l’Opéra après la mort du compositeur, le 28 avril 1865, dans une version finalisée par Fétis. À l’issue d’une campagne publicitaire de grande ampleur, l’œuvre est créée par quelques-uns des plus grands chanteurs du temps : le célébrissime baryton-basse Jean-Baptiste Faure, interprète de Nélusko, partage l’affiche avec le ténor Emilio Naudin (Vasco de Gama) et les chanteuses Marie Sasse (Sélika) et Marie Battu (Inès). Inspiré des Lusiades de Camoens, le livret de Scribe relate les expéditions du grand navigateur portugais Vasco de Gama, considéré comme le premier Européen ayant atteint les Indes par la mer. Les aventures de l’explorateur servent ici de point de départ à une intrigue marquée par la vogue de l’exotisme et à une partition aux accents à la fois lyriques et pittoresques, caractérisée par des sonorités particulièrement luxuriantes. L’histoire des amours croisées de Sélika, Nélusko, Inès et Vasco, placées sous le signe de la jalousie et de la violence, donne naissance à plusieurs morceaux de bravoure du répertoire de l’Opéra (l’air du Sommeil à l’acte II et le duo d’amour de l’acte IV) ainsi qu’à certaines des pages les plus colorées du panthéon lyrique du temps (notamment la marche indienne de l’acte IV).