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Barcarolle op. 65 n° 6 (Charles-Valentin Alkan)

Date

1864

Texte

Parallèlement à ses œuvres virtuoses, Alkan composa des pièces reflétant l’idéal romantique d’un piano « vocal ». Si ses cinq recueils de Chants op. 38 (deux cahiers), 65, 67 et 70 ne sont pas exempts de difficultés techniques, ils exigent avant tout un travail de la sonorité, du legato et du cantabile. Splendide et poignant hommage à Mendelssohn, peut-être rencontré à Paris pendant l’hiver 1831-1832, leur titre renvoie aux Lieder ohne Worte (Chants sans paroles) de l’Allemand, qui comportent tous six pièces, format suivi par Alkan. Ils sont surtout modelés sur les Lieder ohne Worteop. 19b, dont tous les recueils de Chantsreprennent le plan tonal : mi majeur, la mineur, la majeur, fa dièse mineur et sol mineur. En outre, l’opus 19b termine sur un Venetianisches Gondellied (Chant de gondolier vénitien), seul morceau doté d’un titre. De façon similaire, chaque cahier d’Alkan se conclut par une Barcarolle. Mais le compositeur français goûte davantage les intitulés évocateurs. Dans l’opus 65 (écrit probablement en 1864), quelques pièces échappent à cette tendance : Vivante ondoyant et délicat (no1), Canon où se mêlent une voix de soprano et une voix de ténor (no 3), Tempo giusto dont l’énergie capricieuse rappelle Schumann (no4). Les images se précisent en revanche dans Esprits follets (no 2), écho des impalpables scherzos mendelssohniens, Horace et Lydie (no5), dialogue instrumental inspiré par une Ode d’Horace, et la Barcarolle. La mélancolie feutrée de cette dernière pièce évoque parfois Chopin, mais ses étrangetés harmoniques ne doivent qu’à Alkan.