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Mer, La (Guinand / Joncières)

Date

1881.1.9

Description

Ode-symphonie

Le Calme Contemplation La Tempête Épilogue

Texte

La Mer est une partition isolée dans le corpus de Victorin Joncières. L’œuvre confie à une voix de mezzo-soprano (M me Brunet-Lafleur, à la création) le rôle allégorique de l’Océan qui séduit, attire à lui et fait périr les humains en déchaînant la tempête. Quatre parties ( Le Calme Contemplation La Tempête Épilogue ), versifiées par Édouard Guinand, s’enchaînent rapidement pour former une pièce d’une quinzaine de minutes qui se revendique de l’ode-symphonie (d’après sa page de titre). Ce genre, imaginé conjointement par Berlioz et Félicien David dans les années 1840, se caractérisait à l’origine par la présence d’un récitant parlant ponctuellement sur la musique, entre les épisodes chantés par le chœur et les solistes. Mais les avatars de l’ode-symphonie, bientôt très proches de la « symphonie dramatique » avec voix, y renoncent régulièrement, comme c’est le cas ici. La partie de mezzo-soprano soliste est tenue en réserve pour ne s’exprimer théâtralement qu’après une introduction symphonique et chorale en demi-teintes. Ce prélude à l’action dramatique s’enrichit discrètement de la présence d’un rare tuba contrebasse, en plus du tuba traditionnel. La harpe – typique des orchestrations romantiques à la française – est largement utilisée tout au long de l’œuvre, jusqu’au tout dernier accord qui signe le retour au calme tandis les flots se referment sur les corps des noyés. La Mer a été créé le 9 janvier 1881 à la Société des concerts du Conservatoire. Elle est dédiée à Deldevez, chef d’orchestre de ladite Société, et fut publiée chez Léon Grus. La partition sera reprise cinq fois au Conservatoire (jusqu’en 1889), à chaque fois par des chanteuses wagnériennes qui se feront entendre au cours du même programme dans des extraits de Tristan , Lohengrin ou Le Vaisseau fantôme . La Mer gagnera parallèlement les saisons des Concerts Pasdeloup et Lamoureux, où on l’entendra au moins jusqu’en 1896.