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Quatre Odelettes pour voix et orchestre [ou piano] (Guy Ropartz)

Date

1914

Description

1. Un petit roseau m’a suffi – 2. Si tu disais – 3. Chante si doucement – 4. Je n’ai que trois feuilles d’or

Texte

Composées en 1914, les Quatre Odelettes de Guy Ropartz ont été écrites sur des textes tirés des Jeux rustiques et divins (1897) de Henri de Régnier (1864-1936), un poète proche du Parnasse et du mouvement symboliste. Lui-même auteur de poèmes, très sensible à la question des rapports entre poésie et musique, Ropartz offre dans ces pages une musique d’une grande fluidité qui traduit avec beaucoup de délicatesse les images et les sensations de la nature mêlées à la nostalgie des amours passées évoquées dans le texte des Odelettes . La plasticité de la matière orchestrale (réduite ici pour piano), les qualités déclamatoires de la partie vocale, la souplesse des lignes d’accompagnement – souvent confiées aux bois et aux violons dans la version orchestrale –, ainsi que les harmonies changeantes, riches et subtiles qui apportent des couleurs toujours renouvelées au discours : tous les paramètres de l’écriture sont ici mis au service de l’expression du texte de Régnier. Après une série de décors sonores évoquant le frémissement des bois et des prairies (I), les couleurs de l’automne (II), puis « l’écho lointain de toute la mer » (III), la quatrième Odelette s’ouvre, de manière très étonnante, par une longue monodie de la voix dont le dénuement traduit celui qu’évoque le texte (« Je n’ai / Que trois feuilles d’or et qu’un bâton »). Le retour de l’accompagnement nimbe le reste de cette ultime page d’un clair-obscur, « couleur de soleil et de mort », qui clôt l’œuvre sur une touche de mystère (« pense à celui qui frappa à ta porte, / Un soir… »), plein de douceur, et d’élégance.