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Quatuor à cordes en mi majeur op. 95 n° 1 (Antoine Reicha)

Date

1820

Description

Allegro moderato – Poco andante – Minuetto : Allegretto. 1er Trio. Canone – Allegretto

Texte

Le Quatuor opus 95 no 1, publié au début des années 1820 à Paris, témoigne dans son écriture même d’une époque singulière de l’histoire de ce genre prestigieux. En effet, alors que le quatuor à cordes était jusque-là essentiellement pratiqué par des amateurs dans le monde intime et privé du salon, il prend petit à petit sa place au concert public. L’opus 95 est d’ailleurs dédié à l’un des plus grands violonistes de l’époque et ami de Reicha, Pierre Rode, signe qu’il est bien destiné à des instrumentistes professionnels. Le premier mouvement débute par un thème massif, dont l’écriture très verticale est probablement pensée pour que le son porte dans une grande salle. Outre ces premières mesures presque symphoniques, le mouvement se caractérise par l’émancipation virtuose du premier violon qui culmine dans la coda. Le Poco andante qui suit relève du principe de la variation, mais ici, à l’instar de son maître Haydn, Reicha soumet deux thèmes – et non pas un seul – aux divers procédés de transformation. Le Menuet présente la particularité d’être suivi de deux trios. Le second d’entre eux est un canon à deux voix harmonisé. Ici encore, l’inspiration de Reicha est à chercher dans l’œuvre de Haydn, dont le Menuet dit « des sorcières » du Quatuor opus 76 no 2 constitue sans doute un modèle. Le dernier mouvement, Allegretto, poursuit la veine des finales d’inspiration populaire des quatuors de Haydn, Mozart ou Beethoven. Ici, l’équilibre entre les quatre instruments du quatuor est poussé à son paroxysme grâce aux échanges de plusieurs motifs et à la répartition des thèmes à toutes les voix.