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Requiem (Gabriel Fauré)

Date

1888

Texte

La première moitié du XIXsiècle voit éclore une sensibilité particulière dans le rapport de l’Homme à la mort. La Révolution puis les campagnes militaires de l’Empire ont donné lieu à de grandes commémorations funèbres à caractère national, que prolongent la politique expiatoire menée par la Restauration puis le culte des héros de Juillet caractéristique du règne de Louis-Philippe. À cette surenchère funèbre s’ajoute un goût tout romantique pour ce thème, qui devient un sujet de prédilection pour les artistes. Parmi les nombreux requiem composés en France au XIXe siècle, celui de Fauré se distingue par sa remarquable postérité – exécuté lors des obsèques de François Mitterrand en 1996 à Notre-Dame, il fait véritablement figure de monument funéraire français – ainsi que par sa structure et son inspiration originales. L’ouvrage déroge à la succession des pièces de l’ordinaire et du propre de la messe habituellement mise en musique par les compositeurs : on n’y trouve en effet ni Graduel, ni Prose, ni Benedictus. Dans cette œuvre, Fauré prend aussi ses distances avec la veine dramatique généralement cultivée par les compositeurs qui le précédèrent dans cette tâche, au profit d’un certain « angélisme ». Ces traits distinctifs ne sont en rien dictés par les circonstances qui virent la première exécution de l’ouvrage : celui-ci est en effet créé le 16 janvier 1888, lors des obsèques d’un « paroissien ordinaire » de l’église de La Madeleine (où Fauré était alors maître de chapelle et organiste), pour reprendre les propres mots du compositeur. On notera toutefois qu’il fut écrit juste après la mort des deux parents du musicien.