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Thérèse (Claretie / Massenet)

Date

1907.2.7

Description

Drame musical en deux actes. Créé à l'Opéra de Monte-Carlo.

Texte

Ce « drame musical en deux actes » fut créé triomphalement à Monte-Carlo le 7 février 1907, puis repris à l’Opéra-Comique, le 19 mai 1911 (soirée qui vit également la création de L’Heure espagnole de Ravel). Son sujet laisserait attendre une fresque historique à grand spectacle : en 1792-1793, Thérèse (Lucie Arbell lors de la première) retrouve son ancien amour, le marquis Armand de Clerval (Edmond Clément) ; écartelée entre la passion et le devoir, elle décide de rester fidèle à son époux le Girondin André Thorel (Hector Dufranne, premier Golaud de Pelléas et Mélisande de Debussy), qu’elle suit sur l’échafaud après qu’il a aidé à la fuite d’Armand. Mais Massenet et son librettiste Jules Claretie ont relégué l’action révolutionnaire à l’arrière-plan (la rareté des chœurs va dans ce sens) et favorisé l’intimité du ton. Ce qui importe, ce sont les sentiments des personnages, leur tentative de résister à l’étau de la réalité et leur abandon à la nostalgie. Peu de compositeurs ont su introduire l’évocation du passé dans leur propre langage avec autant de finesse et d’à-propos psychologique. On songera notamment au menuet, joué au clavecin par Louis Diémer à la création, qui rappelle à Thérèse et Armand leurs anciennes amours. La construction dramatique repose sur la menace qui plane constamment sur les héros, d’autant plus insidieuse que le lyrisme tendre et les subtils dégradés de couleurs dominent dans la partition. Pour le dénouement, Lucy Arbell obtint le droit de déclamer ses répliques plutôt que de les chanter, ce qui renforce à la fois la sensation de réalisme et d’intériorité.