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Variations en ut mineur op. 42 (Gabriel Pierné)

Date

1918

Texte

Voilà quinze ans que Pierné n’a pas composé pour le piano lorsqu’il se lance en 1918 dans ces Variations en ut mineur. Le facteur déclencheur ? L’audition, cette année-là, de l’Iberia d’Albéniz, interprété par Alfred Cortot. Frappé par la nouveauté d’écriture de ces pièces, Pierné décide de renouveler à son tour son approche du clavier. De fait, les Variations surpasseront ses précédentes œuvres pour piano, dans l’écriture instrumentale comme sur le plan du langage. Avec cette monumentale partition de vingt-cinq minutes, Pierné se met à jour des évolutions musicales de son temps, dont il est d’ailleurs l’un des acteurs en tant que chef d’orchestre. Un thème, huit variations et un finale. Le motif principal est solennel, énoncé en octaves aux deux mains : une mélodie aux rythmes pointés est escortée d’intervalles qui chutent chromatiquement. Ce pourrait être un choral funèbre. Les cinq premières variations se calquent sur le thème quant à leurs structures, les suivantes le débordent. Évoluant entre l’héritage franckiste et l’impressionnisme alors en vogue, on sent que Pierné a voulu bâtir un monde. Il y parvient, dans une partition luxuriante et aux atmosphères diverses où les pages marquantes ne manquent pas. Impossible en particulier de ne pas être frappé par le vigoureux fugato de la sixième variation. La dernière possède un ton émerveillé, avant le finale éclatant, où l’on distingue l’ombre d’Albéniz. Un dernier énoncé du thème, fortissimo (et écrit sur quatre portées !), et c’est l’éclatante coda. L’œuvre est dédiée « à Mme M. Kennerley-Hall », l’épouse d’un avocat anglais installé à Paris.