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Herculanum (Méry & Hadot)

Date

1859.3.4

Description

Synopsis

Acte I

À droite du spectateur, le péristyle étrusque du palais d’Olympia, à Herculanum. Les velaria suspendus aux frises et aux cimes des mâts abritent les jardins de la reine contre les ardeurs du soleil. À gauche, on reconnaît, aux lignes des sphinx, le quartier égyptien, voisin du port où abordent les vaisseaux d’Alexandrie chargés de l’annone du Delta. Au fond, les villas, les temples, les palais, les maisons consulaires s’étagent en amphithéâtre. C’est Herculanum avant 79.

Princes et rois viennent se prosterner devant Olympia dans son palais d’Herculanum. Les clameurs populaires réclament justice contre deux chrétiens (Hélios et Lilia) qui sont amenés devant la reine. Le frère d’Olympia, le proconsul Nicanor, demande leur mort. Mais, frappée par la beauté du jeune chrétien, Olympia les épargne. Elle éloigne Lilia et séduit Hélios en l’enivrant grâce à un philtre magique. Le sol tremble : un premier avertissement divin se fait entendre.

Acte II

Un site désert et sauvage dans le vallon d’Ottayano ; à droite, un tumulus couvert de tronçons de colonnes, de ruines, de pierres informes, et surmonté d’une petite croix. C’est là que les premiers chrétiens se rassemblent pour honorer les tombes des martyrs, faire leurs prières en commun et adorer le signe de la Rédemption. L’horizon est borné par des roches volcaniques à pic. On aperçoit à gauche, dans une éclaircie de terrain, le ciel du couchant, qui garde encore les teintes du crépuscule du soir.

Nicanor disperse un rassemblement de chrétiens et retient Lilia qu’il cherche à séduire. Il lui fait d’abord croire qu’il est converti lui-même, mais s’écrie bientôt, de fureur : « Ton Dieu n’existe pas. » Un éclair le foudroie subitement, Lilia tombe évanouie. Satan apparaît alors et exprime sa haine contre le genre humain. Quand Lilia revient à elle, insinue la jalousie dans son coeur en lui montrant, sous forme d’apparition, qu’Hélios a répondu aux avances d’Olympia. Il s’incarne alors dans le corps du proconsul mort.

Acte III

Les jardins de la reine, avec leurs perspectives. Au fond, à droite, sur une hauteur, le temple d’Hercule-Parthénopéen. À gauche, dans un lointain nébuleux, Naples en amphithéâtre devant le golfe de Baïa. Au centre, sur la limite des jardins, la colonne triomphale élevée au divin Titus après la prise de Jérusalem.

Hélios s’abandonne à Olympia dans un sublime jardin de son palais. Le souvenir de Lilia revient cependant le hanter. Celle-ci apparaît bientôt au milieu de bacchanales et menace Olympia, qu’elle défie en entamant un Credo exalté. Satan, sous les traits de Nicanor, obtient qu’on lui laisse la vie sauve, mais Hélios se maudit de l’avoir trahie et prend le parti de la reine.

Acte IV

Premier tableau

L’Atrium du palais d’Olympia, orné de toutes les richesses de la fantaisie étrusque. C’est le vestibule des opulentes maisons des Romains, à Herculanum.

La terre tremble à chaque instant davantage. Satan appelle à lui ses esclaves et prêche la révolte contre l’autorité romaine.

Deuxième tableau

La terrasse du palais d’Olympia. Elle est supportée par la colonnade d’un impluvium, d’ordre Poestum, et dominée par des façades de cariatides tétrastyles, et de gracieuses colonnes appartenant à l’architecture de l’atrium corinthien. À gauche, l’avenue du temple d’Isis et Sérapis, qu’on reconnaît à la rangée des sphinx thébains. Au fond, l’aqueduc à deux rangs d’arches, qui lie les hauteurs d’Herculanum aux rochers arides où commencent les pentes du Vésuve. Au lever du rideau, rien n’annonce encore dans cette région d’Herculanum les ravages des commotions souterraines et des torrents de lave. La catastrophe n’a éclaté qu’aux environs. Elle a commencé son travail de ruines dans le voisinage, et l’on se réfugie de toutes parts vers les hauteurs de ce palais, qui n’est pas envahi par la lave et qui reste debout au milieu des ruines.

Les éclairs zèbrent le ciel. Hélios paraît sur la terrasse du palais d’Olympia : tout s’écroule autour de lui. À demi fou, il appelle Lilia, qui vient vers lui et pardonne à son amant infidèle. Le Vésuve entre en éruption, engloutissant le peuple et détruisant la cité.