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Proserpine (Louis Gallet)

Date

1899

Description

Deuxième version (1899) du livret. 

Repris dans le livre-disque Proserpine de Saint-Saëns (Palazzetto Bru Zane, collection Opéra français, 2017).

Synopsis

Acte I

En Italie, au XVIe siècle. La courtisane Proserpine rouvre, pour une fête, la porte de son palais close depuis un mois. Ses amants passés ou futurs s’interrogent. Elle paraît et les repousse en soupirant « Sabatino n’est pas venu ». Ils lui chantent un madrigal, en vain ; elle se retire. L’instant d’après, Sabatino passe le seuil avec son ami Renzo dont il doit épouser la sœur, Angiola, à une condition : qu’il se débarrasse, en l’assouvissant, de son goût marqué pour Proserpine qui ne lui a jamais accordé ses faveurs. En effet, de retour, elle accueille Renzo et semble ignorer Sabatino qui, profitant d’un tête à tête, sollicite la grâce de devenir son amant. Proserpine qui l’aime en secret, lui répond qu’il a de la chance qu’elle ne soit qu’une courtisane car si elle donnait son âme au lieu de vendre son corps, elle ne répondrait plus d’elle. Effrayé, Sabatino affecte de n’attendre qu’une relation vénale. Elle refuse. Il insiste : « Je suis riche ». Elle le chasse et, désespérée,  rêve de s’offrir à un pauvre. Justement un gueux confirmé, Squarocca vient d’être pris en train de voler ses bijoux ; après lui avoir donné à choisir entre la prison et son palais, elle l’entraine avec elle à la fête. Quand elle apprend le prochain mariage de Sabatino, elle s’assure du dévouement de Squarocca, et sonne le début de l’orgie.

Acte II

Au couvent de Turin où elle est renfermée, Angiola ne croit guère à l’avenir radieux que lui chantent ses compagnes. On introduit son frère, Renzo, accompagné, lui dit-il,  d’un pécheur qui vient par sa grâce de triompher de l’enfer : Sabatino. Le jeune homme, ému, improvise une déclaration ; elle y répond en peu de mots puis ils chantent leur bonheur en échangeant les anneaux ; Renzo, attendri, se joint à eux. L’entretien est rompu par l’irruption d’une foule de pèlerins. Caché parmi eux, Squarocca observe et tremble pour ce qu’il dira à Proserpine : Angiola est si belle qu’elle pourrait en mourir de jalousie.

Acte III

Dans la montagne, des gitans dansent la tarentelle. Proserpine, déguisée en bohémienne, attend Squarocca qui vient lui faire son rapport. Elle enrage mais ils sont là pour s’emparer de Renzo et Angiola qu’une rupture de traits des chevaux bien préparée forcera à interrompre leur voyage en ce lieu. Connaissant désormais les affres de la jalousie après ceux de l’amour impossible, Proserpine invoque la déesse dont elle porte le nom, privée de la lumière du soleil comme elle l’est de l’amour pur. Puis Squarocca entonne une chanson d’ivrogne pour attirer les voyageurs cherchant un refuge dans la nuit. Il les accueille bientôt et, entrainant Renzo au dehors, sous prétexte de réparer la voiture, le ligote à un arbre tandis qu’Angiola, restée avec Proserpine, se fait dire la bonne aventure. Les menaces qu’elle entend si elle ne rompt pas avec son fiancé se font si pressantes que, décelant l’imposture, elle tente de fuir. Squarocca l’en empêche et Proserpine disparaît tandis que Renzo qui a rompu ses liens, survient et délivre Angiola.

Acte IV

Dans son salon, Sabatino savoure d’avance un mariage qui le délivrera des turpitudes de son passé libertin. Proserpine vient le surprendre lui avouant qu’elle l’aime sincèrement depuis toujours ; elle se jette à ses pieds… Rien n’y fait et il la prie de se retirer quand il entend le bruit de la voiture d’Angiola. Proserpine reste cachée pour observer les effusions des amants. N’y tenant plus elle surgit, pointant sur Angiola une arme que Sabatino détourne de justesse. Proserpine, désespérée, se frappe elle-même, s’attirant enfin la compassion du couple à qui elle souhaite de vivre heureux.