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Pons, José – Caroline Branchu à son zénith

Date

2014-6

Description

Hector Berlioz, dans sa correspondance et ses écrits, évoque son admiration éperdue pour Caroline Branchu, celle qui fut la créatrice adulée du rôle de Laméa des Bayadères. Dès son arrivée à Paris en 1821, le futur compositeur entend l’illustre cantatrice dans Les Danaïdes, tragédie lyrique d’Antonio Salieri (rôle d’Hypermnestre) sur la scène de l’Opéra, installé depuis quelques semaines seulement Salle Le Peletier, son nouveau port d’attache. Il devait la réentendre peu après dans Iphigénie en Aulide de Gluck (Clytemnestre). Caroline Branchu avait alors juste dépassé la quarantaine et abandonnait peu à peu les grands rôles qui établirent sa gloire, comme celui de Julia de La Vestale de Spontini qu’elle avait créé avec éclat en 1807. Berlioz put cependant encore l’applaudir dans Alceste de Gluck (pour cette reprise de 1825, le diapason avait été abaissé afin de convenir aux moyens de la cantatrice), Virginie de Berton (1823, rôle de Valérie), La Mort d’Abel de Rodolphe Kreutzer (reprise de 1823 avec Adolphe Nourrit, rôle d’Ève), avant qu’elle ne se retire de la scène de l’Opéra en février 1826 au terme d’une dernière apparition triomphale dans Olympie de Gaspare Spontini (rôle de Statira, veuve d’Alexandre le Grand). À cette occasion, elle fut couronnée sur scène par l’immense comédien Talma. Pour Hector Berlioz, Caroline Branchu représentait l’archétype même de la grande tragédienne lyrique, au style fondé sur la plus haute tradition de l’opéra classique français héritée de Gluck notamment. Sa voix ample et dotée d’un médium solide, aux incomparables couleurs, aux pianis infinis, le ravissait. Durant toute sa vie de compositeur, ce souvenir devait l’accompagner et l’inspirer, tout particulièrement lors de l’élaboration des Troyens pour les rôles de Cassandre et Didon. Il devait la rencontrer et se lier d’amitié avec elle.

Article tiré du livre-disque Les Bayadères de Catel (Palazzetto Bru Zane, collection Opéra français, 2014).

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