Accueil / Personnes / BERTON Henri-Montan

Imprimer le contenu de la page

BERTON, Henri-Montan (1767-1844)

Fils d’un directeur de l’Opéra, Henri-Montan Berton est issu d’une famille de musiciens dont le rôle fut fondamental jusque dans les années 1830. Élève de Rey (violon) et de Sacchini (composition), il intégra dès 1782 l’orchestre de l’Opéra, avant de s’orienter vers une carrière de compositeur. À partir de 1786, il fait représenter à Paris diverses cantates et ouvrages lyriques, mais ce n’est que quelques années plus tard qu’il parvient véritablement à se faire remarquer, accédant peu à peu, notamment dans son opéra Les Rigueurs du cloître (1790), à une véritable individualité stylistique. Guidée par un instinct dramatique très sûr, cette évolution culmine avec Montano et Stéphanie (1798), Le Délire (1799) puis Aline, reine de Golconde(1803), sans conteste ses meilleures contributions lyriques. Artiste reconnu, Berton accède alors à diverses fonctions institutionnelles. Nommé professeur d’harmonie au Conservatoire dès sa fondation en 1795, puis professeur de composition en 1818, il assure parallèlement le rôle de directeur de la musique du Théâtre-Italien (1807-1809) puis de chef de chant à l’Opéra (1809-1815). Membre de l’Institut à partir de 1815, il fut l’un des plus farouches opposants à l’influence de Rossini en France, jugeant son œuvre « mécanique », prétentieuse et incohérente face à une musique « philosophique », caractérisée selon lui par une technique mise au service de la seule pensée. Cette position contribua largement à l’oubli dans lequel il sombra ensuite, victime d’une image de réactionnaire qu’il conviendrait aujourd’hui de nuancer.