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MÉHUL, Étienne-Nicolas (1763.6.22-1817.10.18)

Né à Givet, Méhul reçoit ses premiers rudiments musicaux de l'organiste allemand Hanser. Muni d'une lettre de recommandation pour Gluck, il arrive à Paris en 1779 et approfondit sa formation auprès du claveciniste alsacien Jean-Frédéric Edelmann, qui l'initie vraisemblablement à Mozart et à Carl Philip Emanuel Bach ; il compose sous cette influence ses deux premiers opus de sonates pour le clavier. Le retard que met l'Académie royale de musique à monter son opéra Cora, en 1789, pousse Méhul vers l'Opéra-Comique, où il connaîtra ses plus grands succès. Euphrosine est le premier exemple d'un nouveau genre lyrique marqué par le style héroïque, cette « musique de fer » qui répond si bien aux nouvelles attentes du public sous la Révolution. Stratonice, Mélidore, Ariodant, sont autant d'œuvres qui font exploser le cadre étroit de l'ancienne comédie mêlée d'ariettes et transforment l'opéra-comique en creuset du futur opéra romantique. La recherche de Méhul vers une expressivité dramatique toujours plus grande fait de lui un virtuose de l'orchestre, comme le prouve, sous l'Empire, Uthal, drame ossianique composé sans violons. C'est alors qu'il élabore, entre 1808 et 1810, ses cinq symphonies. Mais c'est Joseph, drame biblique, qui assurera sa gloire en Europe au XIXe siècle. À l'instar de celui du peintre David, le style de Méhul a évolué au rythme des bouleversements politiques en France ; sous la Restauration, il compose La Journée aux aventures, opéra-comique aux accents « Ancien régime » dignes d'un Beaumarchais. Méhul succombe à la tuberculose en 1817.