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MONTGEROULT, Hélène de (1764-1836)

Née Hélène de Nervo, Hélène de Montgeroult voit le jour à Lyon sous le règne de Louis XV. Brillante pianiste, élève de Hüllmandel, Dussek et Clementi, elle fut souvent considérée comme la plus grande virtuose de son temps, position qui aurait pu lui assurer une carrière prestigieuse si sa condition d’aristocrate ne l’avait cantonnée dans le cadre étroit des salons parisiens. Inquiétée pendant la Révolution, la légende veut qu’elle ait échappé à la guillotine en improvisant d’éloquentes variations sur La Marseillaise devant le Comité de salut public. Première femme nommée professeur de piano au Conservatoire (en 1795), elle y fut la collègue de Rigel, Jadin et Adam, participant activement à la formation des premiers virtuoses du début du XIX e  siècle, notamment de Cramer et Boëly. Quoique sa santé fragile la contraigne bientôt à renoncer à ses fonctions, elle n’en poursuit pas moins ses activités d’interprète aux côtés des artistes les plus célèbres de son temps, tels les violonistes Baillot et Viotti. Intime de M me  de Staël, elle aurait été l’un des modèles pour le personnage « romantique » de Corinne dans le roman homonyme (1807). L’œuvre d’Hélène de Montgeroult est largement dominée par son Cours complet pour l’enseignement du pianoforte , important recueil rédigé entre 1788 et 1812, qui réunit plus d’une centaine d’études progressives dans un esprit à la fois respectueux de la facture classique et annonciateur du romantisme. Décédée lors d’un séjour à Florence, elle est enterrée dans le cloître de l’église Santa Croce.