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Genre – La symphonie en France au XIXe siècle

La production des symphonies en France au XIXe siècle reste assez méconnue malgré son abondance et celle de ses compositeurs. Gossec, Guénin, Leduc ou Pleyel, au tournant du siècle, composèrent des symphonies qui ne s’inspiraient pas forcément de celles d’Haydn. Puis, les compositeurs qui jusqu’en 1850 n’auraient fait qu’ « imiter » la symphonie beethovénienne instillèrent bientôt des sonorités nouvelles : citons Méhul, Onslow, Reber, David. Il est vrai néanmoins que le modèle classique perdure dans les œuvres de Gouvy, Bizet et Gounod, tandis qu’avec Godard la symphonie française lorgne ouvertement du côté de Schumann, du moins lorsqu’elle ne verse pas dans le descriptif. L’émergence de la symphonie à programme chez Berlioz, encouragé par la Symphonie no 9 de Beethoven et de ses dérivés (l’ode-symphonie de Félicien David entre autres), jeta une ombre sur la symphonie de musique « pure » développée par Saint-Saëns, Franck et Lalo. Cette dernière dépasse pourtant les modèles établis par le renouvellement des formes et de l’orchestre, le modèle ultime étant sans doute la Symphonie avec orgue de Saint-Saëns. Les influences se firent plus riches allant de l’opéra, au milieu du siècle, au folklore avec d’Indy et sa Symphonie cévenole. Debussy, en déclarant le genre de la symphonie obsolète, fit passer au second plan les créations de Magnard, Roussel, Dukas ou Ropartz qui apportèrent un compromis entre musique pure et à programme. Mais la grande tradition symphonique ne fut jamais complètement oubliée grâce à l’œuvre d’épigones de talent : Dubois, Lacombe, Rabaud et bien entendu la spectaculaire symphonie de Chausson.