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Musique sacrée – La musique sacrée du temps de Pâques

La musique du temps pascal se divise, à l’époque romantique en France, en deux catégories principales (suite à la disparition des leçons de ténèbres qui ne survivent pas au XVIIIe siècle) : celle qui traite des sept dernières paroles du Christ en croix et celle qui se concentre sur la douleur de la Vierge au pied de son fils, sous la forme du Stabat Mater dolorosa. Les divers cycles de Paroles du Christ optent soit pour une illustration instrumentale (orgue ou orchestre) de la parole prononcée, soit pour une extension narrative qui contextualise le sens et la portée de chaque parole. Charles Gounod, Théodore Dubois, César Franck et Fernand de La Tombelle laissent de splendides témoignages, très diversifiés dans leur facture. Les uns utilisent en effet un discours théâtral éminemment romantiques (comme Dubois), tandis que d’autres favorisent le dépouillement et l’intériorité, usant volontiers de l’épure que permet le style néo-palestrinien, comme Gounod. Au contraire des Sept Paroles, les Stabat Mater français du XIXe siècle exploitent davantage la présence de solistes qui s’associent ou s’opposent au chœur et à l’orchestre. La douleur de la Vierge permet aux auteurs d’utiliser toute la palette d’expression de la souffrance et de l’affliction, couleurs qu’on retrouve dans les grands Requiem de l’époque. À côté des splendides Stabat de Théodore Gouvy et – à nouveau – Charles Gounod, voisinent les partitions plus confidentielles d’Émile Paladilhe, Clémence de Grandval et Louis Bourgault-Ducoudray. À noter également l’ouvrage de Gaston Salvayre, Prix de Rome en 1872, qui se fait remarquer à l’époque de son pensionnat pour son écriture raffinée.