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Piano – Le piano romantique fin de siècle

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, le piano français reste rétif à la sonate. Celle – monumentale – de Dukas (on ajoutera les moins connues ouvrages de Godard, Jaëll, d’Indy et Dubois) fait figure d’exception, tandis que Prélude, aria et final de Franck prend la peine de dissimuler sous un titre singulier ce qu’il doit au genre. Les compositeurs privilégient l’étude (Saint-Saëns), la danse stylisée qui regarde de plus en plus vers l’Ancien Régime (Suite bergamasque de Debussy), le morceau dont le titre générique suppose une poésie immanente (nocturne, barcarolle, impromptu que cultive par exemple Fauré), la vignette pittoresque au substrat extra-musical plus ou moins avoué (Pièces pittoresques de Chabrier, Les Beaux Jours et Les Jours pluvieux de Jaëll, Poèmes sylvestres, Poèmes alpestres et Poèmes virgiliens de Dubois). Aux formes prédéterminées, les auteurs préfèrent les pièces brèves ou de moyennes dimensions, isolées, en recueil ou en cycle, qui donnent une impression (apparente) de spontanéité et favorisent les formes rhapsodiques. Si la virtuosité est fréquente, le piano devient surtout le cadre de recherches harmoniques et sonores dans lesquelles s’enracinent les futurs chefs-d’œuvre de Debussy et Ravel. C’est au clavier que se joue le premier acte de la modernité ambiante.