BRU ZANE MEDIABASE
Ressources numériques autour de la musique romantique française

Amadis de Gaule (Devismes de Saint-Alphonse)

Date

1779

Description

D’après  Amadis  de Philippe Quinault (1684).

Repris dans le livre-disque  Amadis de Gaule  de Johann Chirstian Bach (Palazzetto Bru Zane, collection Opéra français, 2012).

Synopsis

Acte I

Le théâtre représente une forêt, dont les arbres sont chargés de trophées ; on voit dans le fond un pont, au bout duquel se trouve une forteresse.

Arcabonne se refuse à l’amour : son destin est d’être cruelle. Pourtant, elle révèle à son frère Arcalaüs qu’elle a autrefois été sauvée de la mort par un chevalier dont elle ne connaît pas l’identité. Depuis, malgré ses efforts, elle ne parvient pas à en oublier l’image. Arcalaüs l’exhorte à chasser ce sentiment naissant et à se consacrer avec lui à un but unique : venger leur frère Ardan Canil, tué par le chevalier Amadis, amoureux de la belle Oriane. À cette fin, Arcalaüs invoque les esprits maléfiques et leur demande assistance. Les démons, précédant la Haine et la Discorde, sortent de toutes parts et se rangent à ses côtés. Arcalaüs leur ordonne de flétrir le bonheur d’Amadis. Il se réjouit déjà d’avoir répandu dans le coeur d’Oriane le poison de la jalousie. À l’approche des amants, tous se retirent. Amadis ne comprend pas les reproches d’Oriane et se défend d’être infidèle. Resté seul, il jure de lui garder un amour inébranlable. Soudain, il entend au loin les lamentations de prisonniers détenus par les enchantements d’Arcabonne et comprend qu’Oriane vient d’être enlevée. Il se prépare à pénétrer dans le fort mais Arcalaüs s’interpose, entouré d’Enchanteurs. La bravoure du chevalier les fait fuir. S’avance alors une troupe de Démons travestis en bergers et bergères. L’un d’eux à pris l’apparence d’Oriane : abusé, Amadis abandonne ses armes et le suit à l’intérieur de la forteresse.

Acte II

Le théâtre représente d’un côté une solitude aride et le tombeau d’Ardan Canil ; de l’autre un vieux palais ruiné et plusieurs cachots.

Aux pleurs des captifs, les geôliers n’opposent qu’indifférence et brutalité. Arcabonne, paraissant avec ses Magiciennes, leur promet la mort comme terme de leurs souffrances. Ce sacrifice apaisera les mânes de son frère Ardan Canil. Après eux périra celui qui l’a tué, Amadis, dont elle vient d’apprendre la capture par son frère. Au milieu du rituel des Magiciennes, la voix d’Ardan Canil se fait entendre : il prédit à sa soeur qu’elle le trahira bientôt et le rejoindra dans le royaume des Ombres. Arcabonne ne comprend pas cette prophétie : plus déterminée que jamais, elle entend sacrifier Amadis à l’instant même. Mais, au moment d’immoler le prisonnier qu’on lui amène, elle réalise qu’il est le chevalier qui lui sauva autrefois la vie et dont le souvenir la poursuit ! Bouleversée, elle renonce à son crime bien qu’Amadis, toujours rejeté par Oriane, la prie de ne pas l’épargner. Arcabonne ne peut s’y résoudre et lui demande ce qu’il souhaite en récompense de son geste d’autrefois. Il réclame la liberté de tous les prisonniers. Arcabonne accepte. Soulagés de leurs fers, tous chantent le courage d’Amadis et célèbrent leur liberté.

Acte III

Le théâtre représente une île agréable.

Arcalaüs ignore qu’Arcabonne a épargné Amadis. Il veut à présent torturer Oriane en lui faisant voir le corps du chevalier sans vie. Arcabonne lui avoue qu’Amadis est celui qui la sauva jadis et qu’elle aime toujours. Arcalaüs, irrité qu’elle ne l’ait pas sacrifié à leur vengeance, veut lui faire comprendre que ses sentiments sont voués à l’échec : il montrera à sa soeur qu’Amadis aime Oriane et que cet amour est payé de retour, espérant ainsi que la jalousie réveillera sa haine. Oriane, prisonnière, se lamente de ce qu’elle croit être l’infidélité d’Amadis et implore le Ciel de lui venir en aide. Arcalaüs vient lui annoncer qu’il a tué Amadis, son amant volage, et lui montre son corps étendu à terre. Bouleversée, Oriane s’accuse d’avoir été, par colère, responsable de cette mort. Arcabonne et Arcalaüs se réjouissent de la voir ainsi dans le plus profond désespoir. Mais, alors qu’ils s’apprêtent à tuer les deux amants, le tonnerre se fait entendre tandis que des éclairs troublent le ciel. Ils annoncent l’arrivée de la fée Urgande et de sa suite. Arcalaüs se prépare à combattre mais Arcabonne comprend pour sa part qu’elle ne pourra plus prendre la place de sa rivale dans le coeur d’Amadis. Les Enfers l’appellent ; elle se donne la mort. La prédiction d’Ardan Canil est réalisée.

Le théâtre change en un palais dans lequel le nuage a transporté les deux amants. On les voit auprès d’Urgande, environnés de la suite de la fée, qui les désenchante.

Le calme succède à l’orage. Désenvoûtés, les amants se retrouvent désormais unis. Amadis, vainqueur du mal, accède à la gloire et à l’éternité. Des danses et des chants célèbrent l’amour et le courage.